Plusieurs projets routiers stratégiques à Madagascar connaissent actuellement des retards en raison de contraintes logistiques liées à l’approvisionnement en bitume, un matériau essentiel pour les travaux de réhabilitation et de modernisation des routes. Cette situation affecte notamment des infrastructures financées par la Banque mondiale et jugées prioritaires pour améliorer la connectivité du pays.
Lors d’une revue conjointe organisée entre les autorités malgaches et la Banque mondiale, les deux parties ont examiné l’état d’avancement des programmes en cours dans les secteurs des infrastructures et de la sécurité alimentaire. Les discussions ont mis en évidence plusieurs blocages logistiques qui perturbent les chantiers routiers, en particulier les difficultés d’importation et de distribution du bitume à travers le territoire.
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, ces contraintes impactent directement plusieurs axes routiers majeurs du pays, notamment les Routes nationales RN2, RN4, RN5 et RN7. Ces corridors jouent un rôle central dans les échanges économiques, le transport des marchandises et la mobilité des populations entre les différentes régions de Madagascar.
Face à cette situation, le gouvernement et ses partenaires techniques envisagent des mesures d’urgence afin de sécuriser l’approvisionnement en matériaux et garantir la continuité des travaux. L’objectif est d’éviter un allongement supplémentaire des délais de livraison des infrastructures, alors que plusieurs projets sont déjà confrontés à des défis liés aux coûts logistiques et aux conditions climatiques.
Cette problématique intervient dans un contexte où les infrastructures représentent une part importante des investissements soutenus par la Banque mondiale à Madagascar. En février 2025, le portefeuille de l’institution dans le pays atteignait environ 3,5 milliards de dollars répartis sur 22 opérations, dont près de 43 % consacrés au secteur des infrastructures, soit environ 1,5 milliard de dollars.
Parallèlement aux projets routiers, les autorités ont également évalué l’avancement du programme agricole Rice Plus, destiné à renforcer la production rizicole nationale et soutenir l’autosuffisance alimentaire. Le gouvernement affirme vouloir accélérer l’exécution des projets publics afin d’améliorer les taux de décaissement et produire des résultats visibles pour les populations.