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RDC : une vague de solidarité après l’incendie meurtrier de deux écoles à Bukavu

Un violent incendie survenu jeudi 10 septembre 2026 à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, a plongé la République démocratique du Congo dans le deuil. Le sinistre a touché les écoles Furaha et Ujamaa, situées dans le quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu, alors que les élèves étaient en classe. Le bilan, encore évolutif selon les sources, fait état d’au moins 24 élèves décédés, tandis que plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Des sources plus récentes évoquent même un bilan susceptible de dépasser ce chiffre.

Selon les premiers éléments recueillis, le feu serait parti d’une habitation voisine avant de se propager rapidement aux établissements scolaires et à plusieurs autres bâtiments du secteur. Le quartier, particulièrement dense, compte de nombreuses constructions en bois, ce qui aurait favorisé la propagation des flammes. Environ 300 habitations auraient également été détruites ou fortement endommagées par l’incendie. Les circonstances exactes du départ du feu restent toutefois à déterminer et une enquête a été annoncée.

La violence du sinistre a provoqué un mouvement de panique parmi les élèves. Plusieurs enfants se sont retrouvés piégés dans les bâtiments, tandis que d’autres tentaient de fuir par des passages étroits. Les services médicaux ont accueilli un nombre important de victimes souffrant notamment de blessures et de problèmes liés à l’inhalation de fumée. Les structures de santé de Bukavu ont rapidement été mises à contribution pour prendre en charge les blessés.

Face à l’ampleur du drame, une réaction de solidarité s’est rapidement manifestée au sein de la classe politique et de la société congolaise. Plusieurs personnalités nationales et originaires du Sud-Kivu ont adressé leurs condoléances aux familles endeuillées et exprimé leur soutien aux blessés.

Le président de l’Union pour la nation congolaise, Vital Kamerhe, député élu de Bukavu, a fait part de sa profonde émotion. Il a rendu hommage aux élèves disparus et insisté sur la situation particulièrement difficile que traverse déjà le Sud-Kivu. Pour lui, cette nouvelle tragédie renforce l’urgence d’un retour durable à la paix dans l’est du pays.

L’opposant Moïse Katumbi a également exprimé sa consternation, qualifiant l’événement de drame majeur. Il a appelé à une prise en charge rapide des victimes ainsi qu’à l’adoption de mesures permettant d’éviter que de telles tragédies ne se reproduisent dans les établissements scolaires.

Le sénateur Bahati Lukwebo a, de son côté, attiré l’attention sur les difficultés auxquelles les équipes de secours sont confrontées à Bukavu. La configuration urbaine de certaines zones, notamment l’étroitesse ou l’insuffisance des voies d’accès, complique l’intervention des véhicules de secours et pose la question de l’aménagement urbain et de la prévention des incendies.

La Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi, elle-même originaire du Sud-Kivu, a également réagi avec émotion. Elle a exprimé sa compassion envers les familles qui ont perdu leurs enfants et envers les personnes blessées dans l’incendie. Son message a souligné l’ampleur humaine de cette tragédie qui touche particulièrement les familles et la communauté éducative.

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a, lui aussi, dénoncé la gravité de la catastrophe. Originaire de Bukavu, il a estimé que le bilan et l’ampleur des destructions posaient des questions importantes sur la gouvernance, la prévention des risques et la protection des populations. Il a notamment appelé à ne pas considérer ce drame comme un simple fait divers, compte tenu de la vulnérabilité persistante des habitants du Sud-Kivu.

L’ancien gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabidje Kasi, a également exprimé sa solidarité avec les familles endeuillées, tandis qu’Aimé Boji Sangara, président de l’Assemblée nationale, a appelé la population de Bukavu à rester unie face à cette nouvelle épreuve. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’espoir et la solidarité dans une ville déjà fortement éprouvée par les conséquences de la crise sécuritaire.

Cette catastrophe intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le Sud-Kivu. Bukavu connaît depuis plusieurs années une situation sécuritaire et humanitaire très fragile, à laquelle viennent désormais s’ajouter les conséquences répétées des incendies urbains. Le drame de Cimpunda soulève ainsi plusieurs interrogations concernant la sécurité des établissements scolaires, les conditions d’évacuation, l’accessibilité des quartiers, les moyens des services d’intervention et les dispositifs de prévention.

Alors que les opérations de prise en charge des victimes se poursuivent, le bilan demeure provisoire. Les autorités et les équipes médicales restent mobilisées pour identifier les victimes, soigner les blessés et évaluer précisément les dégâts matériels. La tragédie de Bukavu suscite désormais un large appel à renforcer la sécurité des écoles et les capacités de secours afin d’éviter qu’une catastrophe similaire ne fasse à nouveau autant de victimes.