La Thaïlande est plongée dans le deuil après l’annonce du décès de la princesse Bajrakitiyabha Mahidol, survenu le 11 juin 2026 à l’âge de 47 ans. Fille aînée du roi Maha Vajiralongkorn, elle était hospitalisée depuis décembre 2022 après avoir subi un grave malaise cardiaque qui l’avait plongée dans le coma pendant près de quatre ans. Son état s’était récemment aggravé à la suite de plusieurs infections et complications touchant différents organes.
Juriste de formation, titulaire d’un doctorat en droit de l’Cornell University, la princesse Bajrakitiyabha occupait une place importante au sein de la monarchie thaïlandaise. Elle avait exercé comme procureure, représenté la Thaïlande à l’étranger en tant qu’ambassadrice en Autriche et mené de nombreuses actions en faveur des droits des femmes détenues. Son engagement dans les domaines de la justice et des affaires sociales lui avait permis de gagner une reconnaissance tant au niveau national qu’international.
Au-delà de l’émotion suscitée par sa disparition, cet événement ravive les questions autour de la succession royale, un sujet particulièrement sensible dans le royaume. La princesse était considérée par de nombreux observateurs comme l’une des figures les plus expérimentées et les plus aptes à assurer la continuité de la monarchie. Certains experts estimaient qu’elle aurait pu devenir la première reine régnante de l’histoire moderne de la Thaïlande ou exercer une fonction de régente en cas d’accession au trône de son demi-frère.
L’attention se tourne désormais vers le prince Dipangkorn Rasmijoti, fils du roi Rama X et héritier présomptif de la couronne. Toutefois, aucun successeur officiel n’a été désigné par le souverain, aujourd’hui âgé de 73 ans. Cette situation entretient les spéculations sur l’avenir de la dynastie Chakri, d’autant que plusieurs autres enfants du roi vivent à l’étranger après avoir été écartés de la ligne successorale.
Dans un pays où les discussions publiques concernant la monarchie sont strictement encadrées par les lois de lèse-majesté, les débats sur la succession demeurent rares. La disparition de la princesse Bajrakitiyabha marque néanmoins un tournant important pour l’institution royale thaïlandaise, à un moment où la question de sa future direction apparaît plus ouverte que jamais.