Riziculture : les semences de riz égyptiennes passent par une phase de contrôle avant leur expérimentation à Madagascar

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Madagascar mise sur l’expérimentation de nouvelles semences de riz pour renforcer sa production agricole et progresser vers la souveraineté alimentaire. Les semences mères améliorées offertes par l’initiative égyptienne « Futur d’Égypte » ont été officiellement remises au Centre national de recherche appliquée au développement rural (FOFIFA). Avant toute mise en culture à grande échelle, elles devront passer par plusieurs étapes de contrôle sanitaire, de quarantaine et d’expérimentation afin d’évaluer leur adaptation aux conditions agricoles malgaches.

La remise de ces semences intervient dans le cadre du renforcement de la coopération agricole entre Madagascar et l’Égypte. Selon le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, le FOFIFA dispose de l’expertise nécessaire pour procéder aux contrôles et aux essais scientifiques requis avant toute utilisation de ces nouvelles variétés. Cette démarche doit notamment permettre de vérifier leur état sanitaire et d’éviter l’introduction ou la propagation éventuelle de maladies susceptibles de menacer les cultures locales.

L’objectif principal des expérimentations sera de déterminer le potentiel agronomique des semences égyptiennes et leur capacité à s’adapter aux différentes conditions agroclimatiques de Madagascar. Le ministre souligne que cette variété serait capable de résister à des conditions difficiles tout en offrant un rendement élevé. Les essais devront ainsi identifier les zones et les conditions de production dans lesquelles cette variété pourrait exprimer au mieux ses performances.

Cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : augmenter la productivité rizicole et renforcer la souveraineté alimentaire de Madagascar. Pour les autorités, l’amélioration des rendements pourrait également contribuer à accroître les revenus des producteurs en leur permettant de produire davantage sur leurs exploitations. L’introduction de variétés potentiellement plus performantes pourrait ainsi constituer un levier supplémentaire dans la lutte contre la dépendance aux importations de riz.

Le projet bénéficie également d’un accompagnement technique annoncé du côté égyptien. Des techniciens égyptiens doivent notamment venir à Madagascar afin de contribuer à la formation des techniciens malgaches. Cette coopération pourrait favoriser le transfert de compétences et renforcer les capacités nationales en matière de recherche, de sélection et d’expérimentation variétale.

Cependant, les autorités insistent sur la nécessité de respecter strictement les procédures sanitaires et phytosanitaires avant toute utilisation de ces semences. Cette prudence intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la filière rizicole malgache. Dans son rapport public publié en mars 2026, la Cour des comptes avait notamment signalé qu’en février 2025, des semences de riz contaminées avaient été distribuées dans plusieurs localités du pays avant même que les résultats des analyses sanitaires ne soient disponibles. Certaines de ces semences avaient commencé à contaminer des variétés locales avant que leur distribution ne soit interrompue. La Cour avait alors qualifié la situation de « faute lourde » susceptible de mettre en danger la riziculture nationale.

Dans ce contexte, le passage des semences égyptiennes par le FOFIFA et leur mise en quarantaine constituent une étape particulièrement importante. Il ne s’agit donc pas encore d’une distribution aux agriculteurs, mais d’une phase scientifique préalable destinée à vérifier leur innocuité, leur comportement agronomique et leur compatibilité avec les réalités locales.

Les autorités tiennent par ailleurs à préciser que ces nouvelles semences n’ont pas vocation à remplacer les variétés de riz déjà utilisées à Madagascar. Les variétés locales continueront d’être cultivées et conservées. Les résultats des expérimentations permettront plutôt de déterminer si la variété égyptienne peut venir compléter les variétés existantes et répondre à certains besoins spécifiques des producteurs malgaches.

Le directeur général du FOFIFA, Jean Michel Leong Pock Tsy, confirme cette approche. Selon lui, les essais devront permettre d’identifier les caractéristiques de la variété qui peuvent réellement être adaptées aux besoins des agriculteurs malgaches, sans remettre en question les variétés déjà développées localement.

L’expérimentation de ces semences représente ainsi une nouvelle étape dans la recherche de solutions pour améliorer la production rizicole à Madagascar. Si les résultats scientifiques et sanitaires sont concluants, cette variété pourrait contribuer à accroître les rendements et à renforcer la production nationale. Mais avant toute généralisation, les autorités devront s’appuyer sur les résultats des contrôles et des expérimentations afin de garantir que son introduction se fasse dans des conditions respectueuses de la sécurité phytosanitaire et de la préservation des ressources rizicoles locales.