Québec : la grève des ingénieurs du gouvernement débute et menace plusieurs projets d’infrastructures

La grève des ingénieurs du gouvernement du Québec est officiellement entrée en vigueur ce 11 juin 2026, marquant une nouvelle étape dans un conflit de travail qui oppose depuis plusieurs mois l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) et le gouvernement provincial. Environ 1 900 ingénieurs œuvrant au sein de différents ministères participent au mouvement, notamment ceux des Transports, de l’Environnement, des Ressources naturelles, des Affaires municipales et de la Cybersécurité.

Cette nouvelle mobilisation prend la forme d’une grève à durée indéterminée qui touche tous les jeudis, ainsi que les soirs, les nuits et les fins de semaine. Le syndicat dispose d’un mandat de grève générale illimitée adopté par ses membres à une forte majorité, après l’échec des négociations avec le Secrétariat du Conseil du trésor. Les ingénieurs sont sans nouvelle convention collective depuis 2023 et dénoncent une impasse qui perdure depuis plus d’un an.

Selon l’APIGQ, les revendications ne concernent pas uniquement les conditions salariales. Le syndicat réclame également une meilleure reconnaissance du rôle stratégique de l’ingénierie publique, un encadrement plus clair du télétravail ainsi que des espaces de travail mieux adaptés aux besoins professionnels des ingénieurs. Les représentants syndicaux estiment que le gouvernement ne considère pas suffisamment l’ingénierie comme une priorité dans la gestion des infrastructures publiques.

Le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, a averti que les conséquences de cette grève pourraient rapidement se faire sentir sur plusieurs chantiers d’infrastructures à travers la province. Les ingénieurs gouvernementaux jouent un rôle essentiel dans la planification, la conception, l’autorisation, la surveillance et l’entretien des routes, ponts, barrages et autres ouvrages publics. Leur absence risque de ralentir l’approbation de nouveaux projets et de compliquer le suivi des travaux déjà en cours.

Le moment choisi par le syndicat est particulièrement stratégique. La saison estivale représente une période cruciale pour les travaux routiers et les grands projets d’infrastructures au Québec. L’APIGQ reconnaît d’ailleurs vouloir accentuer la pression sur le gouvernement durant cette phase importante de l’année afin d’obtenir des avancées à la table des négociations.

Le conflit survient dans un contexte où l’état des infrastructures québécoises suscite déjà de nombreuses préoccupations. Le syndicat affirme que plusieurs réseaux publics souffrent d’un sous-investissement chronique et soutient que le manque de reconnaissance accordé aux ingénieurs de l’État pourrait aggraver les difficultés liées à l’entretien et à la modernisation des infrastructures.

Pour l’instant, aucune entente n’a été annoncée entre les deux parties. Les prochains jours seront déterminants pour évaluer l’ampleur des perturbations et la capacité du gouvernement à relancer les discussions. Si le conflit se prolonge, plusieurs projets d’infrastructures majeurs pourraient connaître des retards, avec des répercussions potentielles sur les services publics et les investissements prévus dans la province.