Le nord du Mali a de nouveau été le théâtre d’une attaque d’une rare intensité. Au moins 50 militaires maliens ont été tués samedi 18 juillet lors d’une embuscade contre un convoi de l’armée quittant la ville stratégique d’Anéfis, dans la région de Gao. L’attaque, revendiquée conjointement par le Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste touareg, et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, constitue l’un des revers les plus lourds subis par les Forces armées maliennes (FAMa) depuis le début du conflit il y a plus d’une décennie.
Selon plusieurs sources locales et militaires, le bilan reste provisoire, mais dépasse déjà la cinquantaine de soldats tués. Au moins 24 militaires auraient également été capturés par les assaillants. Des témoignages évoquent des scènes particulièrement violentes, certains soldats ayant été exécutés après leur capture. Les autorités maliennes n’ont pas encore communiqué de bilan officiel détaillé, se limitant à confirmer que le convoi est tombé dans une embuscade menée par des groupes armés.
L’embuscade s’est produite alors que le convoi quittait Anéfis en direction de Gao. Cette localité revêt une importance stratégique dans le nord du pays et fait l’objet de combats récurrents entre les forces gouvernementales et les groupes armés. Ces dernières semaines, la région a connu une recrudescence des affrontements, illustrant la dégradation continue de la situation sécuritaire malgré les offensives menées par l’armée malienne.
Des responsables militaires maliens reconnaissent que cette attaque soulève de nombreuses interrogations sur la préparation et la protection du convoi. Des investigations ont été ouvertes afin de déterminer les circonstances ayant permis aux assaillants de tendre une embuscade aussi meurtrière. Selon plusieurs sources, les forces russes qui accompagnent régulièrement les opérations maliennes étaient déjà arrivées à Gao au moment de l’attaque et n’auraient subi aucune perte, ce qui alimente des interrogations sur la coordination entre les différentes forces engagées sur le terrain.
Cette offensive confirme également le rapprochement opérationnel entre le FLA et le JNIM, deux groupes aux objectifs distincts mais qui coopèrent désormais contre les autorités de Bamako. Depuis plusieurs mois, cette alliance a multiplié les attaques contre les positions militaires, profitant d’une connaissance approfondie du terrain et d’une capacité croissante à mener des opérations coordonnées dans le nord du pays.
Le Mali reste confronté à une crise sécuritaire majeure depuis 2012. Malgré le retrait des forces françaises et de la mission de maintien de la paix des Nations unies, ainsi que le renforcement des partenariats militaires avec la Russie, les groupes jihadistes et indépendantistes poursuivent leurs offensives dans plusieurs régions du pays. L’attaque d’Anéfis rappelle les défis persistants auxquels sont confrontées les autorités maliennes dans leur lutte contre l’insurrection armée et souligne la fragilité de la situation sécuritaire dans l’ensemble du Sahel.