Madagascar : le gouvernement temporise sur la hausse du salaire minimum avant un décret très attendu

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du travail ce 1er mai, le gouvernement malgache a annoncé que le décret fixant le nouveau salaire minimum d’embauche (SME) sera publié prochainement, mais seulement après l’aboutissement des négociations actuellement en cours entre les différentes parties prenantes. Une déclaration faite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, qui a insisté sur la nécessité de parvenir à un consensus afin d’éviter toute difficulté dans l’application future de cette réforme sociale particulièrement attendue par les travailleurs du secteur privé.

Présent au gymnase couvert de Mahamasina lors des festivités officielles, le chef du gouvernement a confirmé que les discussions se poursuivent activement, sans toutefois dévoiler ni le pourcentage exact de revalorisation ni le montant définitif qui sera retenu. Selon ses propos, ces informations ne seront rendues publiques qu’au moment de la publication officielle du décret. Il a néanmoins tenu à rassurer les syndicats en affirmant que le futur montant ne devrait pas être très éloigné des revendications exprimées par les représentants des travailleurs.

Cette attente intervient dans un contexte social marqué par une forte mobilisation syndicale. Plusieurs banderoles déployées durant les manifestations du 1er mai réclamaient l’application immédiate d’un salaire minimum fixé à 360 000 ariary. Cette revendication dépasse le consensus évoqué ces derniers mois autour d’un montant de 300 000 ariary, déjà discuté entre partenaires sociaux comme une première étape de revalorisation par rapport au précédent seuil de 262 680 ariary. Ce relèvement représenterait une augmentation significative destinée à mieux répondre à la hausse du coût de la vie qui pèse lourdement sur les ménages malgaches.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, Mac Denis Franconio, a expliqué que le processus connaît certaines contraintes institutionnelles. L’absence actuelle du Conseil national du travail et de l’emploi, dont l’avis est habituellement requis dans ce type de procédure, complique le calendrier administratif. Toutefois, il a assuré que cette situation ne constitue pas un blocage définitif et que le gouvernement entend accélérer la finalisation du texte réglementaire.

Au-delà de la seule question salariale, les revendications portées lors de cette Journée mondiale du travail ont mis en lumière des préoccupations plus larges liées aux conditions de travail, à la protection sociale et au dialogue entre les autorités publiques et les organisations syndicales. Le gouvernement a d’ailleurs cherché à envoyer un signal d’apaisement en rappelant que les syndicats sont considérés comme des partenaires du développement social et non comme des opposants. Le Premier ministre a notamment évoqué la future mise en place d’une représentation syndicale auprès de la Primature, une demande ancienne des centrales syndicales.

La participation exceptionnelle de plusieurs membres du gouvernement, de parlementaires, d’autorités administratives et de milliers de travailleurs à cette édition 2026 du 1er mai traduit l’importance accordée à cette séquence sociale. Placée sous le thème de la refondation portée par les travailleurs malgaches, cette journée a aussi servi de tribune pour rappeler que la question salariale reste au cœur des attentes populaires dans un contexte économique tendu.

La publication imminente du décret sur le salaire minimum sera donc scrutée de près. Son contenu pourrait constituer un indicateur clé de la capacité du gouvernement à concilier impératifs économiques, dialogue social et amélioration concrète du pouvoir d’achat des salariés malgaches.