Madagascar instaure un prix plancher pour le coton afin de relancer une filière stratégique

Le gouvernement malgache franchit une nouvelle étape dans sa politique de soutien à l’agriculture en mettant en place un prix plancher pour le coton, avec l’objectif de sécuriser les revenus des producteurs et de redynamiser une filière longtemps fragilisée. L’État a fixé ce seuil minimum à 1 700 ariary par kilogramme de coton pour la campagne 2025-2026. L’annonce a été faite à Toliara par le ministre du Commerce et de l’Industrialisation, Gaëtan Ramindo, lors du lancement officiel de la campagne cotonnière.

Cette mesure intervient dans un contexte marqué par la volatilité des prix agricoles, qui pénalise régulièrement les producteurs confrontés à des revenus incertains. En garantissant un prix minimum d’achat, les autorités cherchent à offrir davantage de visibilité aux agriculteurs, à encourager les investissements dans la culture du coton et à éviter l’abandon progressif des exploitations. Le coton représente en effet une source importante de revenus pour plusieurs zones rurales du sud et de l’ouest de Madagascar.

Le gouvernement espère également que ce mécanisme favorisera l’extension des surfaces cultivées et une hausse de la production nationale. Selon les autorités, la filière montre déjà des signes de reprise après plusieurs cycles difficiles. Le coton est désormais perçu comme un levier potentiel de développement rural, de création d’emplois et de renforcement de la souveraineté économique du pays.

Au-delà de la production agricole, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation industrielle. Madagascar ambitionne de reconstruire une véritable chaîne de valeur textile locale, en reliant davantage les producteurs de coton aux unités industrielles nationales. En mars dernier, les autorités avaient déjà annoncé un plan de relance de la filière coton visant à augmenter l’offre locale de matière première pour soutenir l’industrie textile et accroître la valeur ajoutée des exportations malgaches.

Pour accompagner cette dynamique, plusieurs leviers opérationnels sont évoqués : distribution de semences performantes, amélioration des rendements, accompagnement technique des planteurs et professionnalisation des acteurs de la filière. L’État mise également sur le renforcement du Conseil Interprofessionnel du Coton (CIC) ainsi que sur de nouveaux agréments pour les opérateurs, afin d’améliorer la transparence entre producteurs, transformateurs et industriels.

La fixation d’un prix plancher constitue ainsi un signal fort envoyé aux acteurs économiques. Si la mesure est correctement appliquée et accompagnée d’investissements logistiques, financiers et industriels, elle pourrait contribuer à faire du coton un moteur de diversification économique pour Madagascar. Dans un pays où l’agriculture demeure centrale, la relance de cette culture stratégique pourrait aussi renforcer les exportations, réduire la dépendance aux importations textiles et stimuler l’emploi local.