La transparence des finances publiques demeure un défi important pour Madagascar. Dans son évaluation publiée en août 2026, portant sur la gestion et la publication des informations budgétaires au cours de l’année 2025, le Département d’État américain considère que Madagascar ne satisfait toujours pas aux exigences minimales de transparence budgétaire. Le pays figure ainsi parmi les gouvernements qui n’ont pas atteint les critères retenus dans le cadre de cette évaluation.
L’évaluation porte notamment sur l’accessibilité des documents budgétaires, leur exhaustivité et leur fiabilité, ainsi que sur la transparence des mécanismes de contrôle des finances publiques. Elle examine également la publication des informations relatives aux contrats et aux licences liés à l’exploitation des ressources naturelles. Ces critères visent notamment à permettre aux citoyens, aux institutions et aux acteurs économiques de mieux comprendre la manière dont les ressources publiques sont collectées, réparties et utilisées.
Pour Madagascar, l’un des principaux problèmes identifiés concerne la publication des informations budgétaires. Le budget adopté est rendu accessible au public, notamment en ligne, mais certaines informations essentielles ne sont pas suffisamment disponibles ou détaillées. Le rapport souligne en particulier l’absence de publication du projet de budget de l’exécutif dans les conditions requises par les critères américains. Cette situation réduit la possibilité pour le public et les institutions concernées d’examiner suffisamment tôt les orientations budgétaires avant leur adoption.
L’exhaustivité des données financières constitue également un point de préoccupation. Les documents budgétaires doivent normalement permettre d’avoir une vision suffisamment complète des recettes et des dépenses de l’État, avec notamment une ventilation des dépenses par ministère, une présentation des recettes par origine et par nature ainsi que des informations sur les entreprises publiques. Les exigences américaines portent également sur la disponibilité des données relatives à la dette publique et sur la publication régulière des informations concernant l’exécution du budget.
Le contrôle externe des finances publiques représente un autre élément important de l’évaluation. Les normes retenues prévoient qu’une institution supérieure de contrôle indépendante puisse examiner l’exécution du budget et les comptes annuels de l’État, et que les résultats de ces contrôles soient rendus publics dans un délai raisonnable. La publication effective et suffisamment rapide des rapports d’audit constitue donc un élément essentiel pour renforcer la responsabilité des gestionnaires publics.
La transparence concernant les ressources naturelles est également prise en compte. Les critères américains prévoient que les règles et procédures d’attribution des contrats et licences d’exploitation soient définies de manière claire et accessibles au public. Les informations essentielles relatives aux concessions accordées doivent également pouvoir être consultées, notamment concernant la zone concernée, la ressource exploitée, la durée du contrat et l’entreprise bénéficiaire.
Cette appréciation s’inscrit par ailleurs dans une difficulté qui n’est pas nouvelle pour Madagascar. Les évaluations américaines des années précédentes avaient déjà relevé des insuffisances concernant la publication des rapports de fin d’exercice, le niveau de détail des recettes provenant des ressources naturelles, les informations relatives aux entreprises publiques et la publication des rapports d’audit dans des délais jugés raisonnables. Madagascar avait ainsi déjà été considéré comme ne satisfaisant pas aux exigences minimales lors de plusieurs évaluations antérieures.
La situation ne doit toutefois pas être interprétée comme une évaluation directe du niveau de corruption à Madagascar. Le Département d’État américain précise que son rapport mesure la transparence budgétaire et non la corruption. Le fait qu’un gouvernement ne remplisse pas les exigences minimales de transparence ne signifie donc pas, à lui seul, qu’il existe nécessairement un niveau important de corruption.
Pour Madagascar, l’enjeu consiste désormais à améliorer durablement l’accès du public aux informations financières, à renforcer l’exhaustivité des documents budgétaires et à accroître la visibilité sur l’exécution des dépenses publiques. Une meilleure publication des données relatives aux entreprises publiques, à la dette, aux ressources naturelles et aux résultats des contrôles pourrait également renforcer la confiance dans la gestion des finances de l’État.
La transparence budgétaire constitue en effet un élément central de la bonne gestion des finances publiques. Des informations accessibles, complètes et fiables permettent aux citoyens et aux institutions de mieux suivre l’utilisation des ressources publiques, favorisent un débat budgétaire plus éclairé et contribuent à renforcer la confiance dans les institutions économiques et financières. Pour Madagascar, les conclusions de cette nouvelle évaluation soulignent ainsi la nécessité de poursuivre les efforts en matière de transparence, de contrôle et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.