Madagascar explore une réforme monétaire entre suppression de zéros et nouveaux billets

À Madagascar, la réforme du système fiduciaire entre dans une phase décisive avec l’ouverture de consultations nationales pilotées par la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM). L’objectif affiché n’est pas encore de trancher, mais d’évaluer les différentes options de transformation monétaire à travers une démarche participative impliquant experts, universitaires et citoyens.

Au cœur des discussions, plusieurs scénarios techniques sont envisagés. Parmi eux, la simplification monétaire par suppression de zéros apparaît comme l’option la plus soutenue. Concrètement, un billet actuel de 20 000 ariary pourrait devenir une unité de 200 dans un nouveau système. Cette approche vise à faciliter les calculs, améliorer la lisibilité des prix et moderniser l’usage de la monnaie au quotidien. Elle permettrait également une conversion plus intuitive avec l’ancien franc malgache, encore présent dans les habitudes mentales d’une partie de la population.

En parallèle, une extension de la gamme fiduciaire est également envisagée, avec l’introduction de coupures de forte valeur, telles que 50 000 ou 100 000 ariary. Cette option répondrait aux besoins des transactions importantes dans un contexte d’inflation et de hausse des prix, mais elle suscite des réserves. Selon le gouverneur de la BFM, Aivo Andrianaeivelo, une telle solution pourrait encourager une « inflation nominale » en habituant progressivement les agents économiques à manipuler des montants toujours plus élevés.

Une troisième piste, plus conservatrice, consisterait à maintenir le système actuel tout en introduisant simplement des billets de plus grande valeur. Toutefois, cette option est largement perçue comme une réponse à court terme, manquant de vision structurelle face aux enjeux de modernisation du système monétaire malgache.

Les consultations en cours, dont la première session s’est tenue à l’Université d’Ankatso, marquent une volonté de fonder la réforme sur une base scientifique et participative. Elles permettront d’orienter les choix futurs, même si la décision finale relève exclusivement des autorités monétaires et de l’État.

À ce stade, aucune réforme n’est encore actée. Mais cette phase de réflexion stratégique souligne une ambition claire : adapter le système fiduciaire malgache aux réalités économiques actuelles, tout en préparant le terrain à une transformation potentiellement majeure de l’unité monétaire nationale.