Le prix réel du gasoil dépasse déjà 6 000 ariary : un signal d’alerte sur une hausse imminente des carburants à Madagascar

À Madagascar, la question des prix des carburants revient au cœur des préoccupations économiques alors que le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures révèle une situation préoccupante : le prix FOB (Free On Board) du gasoil, c’est-à-dire son coût à l’importation avant ajout des autres charges, dépasse déjà les 6 000 ariary par litre. Une donnée qui met en évidence un décalage croissant entre les coûts réels du carburant et les prix actuellement appliqués à la pompe.

Actuellement, le litre de gasoil est vendu autour de 4 660 ariary, un tarif maintenu malgré les fluctuations du marché international. Pourtant, ce prix à la pompe ne reflète pas l’ensemble des composantes de la structure tarifaire. En effet, le prix final du carburant inclut plusieurs éléments supplémentaires tels que les frais de transport, les coûts logistiques, les marges des distributeurs ainsi que diverses taxes et redevances.

Le fait que le seul prix FOB dépasse déjà 6 000 ariary signifie que, même avant l’ajout de ces charges, le coût réel du gasoil est largement supérieur au prix actuel payé par les consommateurs. Cette situation traduit l’existence d’un manque à gagner important pour les acteurs du secteur ou pour l’État, qui pourrait être contraint d’ajuster les prix dans les mois à venir.

Cette pression à la hausse s’explique en grande partie par le contexte international. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, influencent fortement les cours du pétrole, auxquels s’ajoutent la hausse des coûts du fret maritime et des assurances. Ces facteurs contribuent à renchérir le prix d’importation des produits pétroliers.

Le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants à Madagascar limite cependant les variations mensuelles à 200 ariary par litre afin d’éviter des chocs brutaux pour les consommateurs. Mais face à un écart aussi important entre le prix réel et le prix affiché, cette régulation pourrait ne plus suffire à contenir une hausse inévitable.

Ainsi, même si les prix restent stables pour l’instant, les indicateurs actuels laissent présager une augmentation prochaine des tarifs à la pompe. Une perspective qui pourrait avoir des répercussions significatives sur le coût de la vie, les transports et l’ensemble de l’économie malgache, déjà sensible aux variations des prix de l’énergie.