La circulation dans la capitale malgache entre dans une nouvelle phase de perturbations majeures, particulièrement dans le quartier d’Antanimena, où des travaux d’envergure liés à la deuxième phase du Programme intégré d’assainissement d’Antananarivo (PIAA II) sont en cours. Selon les autorités municipales, ces chantiers devraient impacter significativement le trafic jusqu’au 10 juin, avec des restrictions importantes sur plusieurs axes stratégiques de la ville.
L’axe d’Antanimena est ainsi fortement déconseillé aux automobilistes durant cette période. En cause, des travaux lourds consistant notamment à construire et élargir des canaux d’évacuation d’eau sous les routes, une étape essentielle pour lutter contre les inondations récurrentes dans la capitale. Ces interventions nécessitent l’ouverture de tranchées importantes pouvant atteindre deux mètres de largeur et un mètre de profondeur, rendant certains tronçons totalement impraticables.
Plusieurs zones sont directement touchées par ces restrictions. La route longeant le stade Malacam est entièrement fermée à la circulation pendant toute la durée des travaux. D’autres sections clés connaissent des fermetures temporaires, notamment entre le collège Saint François Xavier et Victoria Plaza jusqu’à la mi-avril, ainsi que vers la zone de la Surveillance douanière et certaines voies secondaires reliant des axes fréquentés.
Face à cette situation, la Commune urbaine d’Antananarivo a mis en place un nouveau plan de circulation afin de limiter les embouteillages. Certains axes passent exceptionnellement en double sens pour fluidifier le trafic, tandis que des arrêts de bus ont été déplacés et que plusieurs lignes de transport en commun sont déviées vers d’autres quartiers comme Behoririka et Soarano.
Ces perturbations s’inscrivent dans un projet beaucoup plus large visant à moderniser les infrastructures d’assainissement de la ville. Le PIAA II prévoit en effet la réhabilitation des réseaux d’eaux usées et pluviales, souvent vétustes ou insuffisants face à l’urbanisation rapide, ainsi que le curage des canaux existants et l’amélioration des stations de pompage. L’objectif est de réduire durablement les inondations qui affectent chaque année de nombreux quartiers d’Antananarivo, perturbant à la fois la mobilité urbaine et les conditions de vie des habitants.
Toutefois, si ces travaux sont essentiels pour l’avenir de la capitale, ils entraînent déjà des conséquences visibles sur le quotidien des usagers. Les ralentissements, les détours imposés et les changements d’itinéraires compliquent les déplacements, notamment aux heures de pointe. D’autres zones de la ville, comme Anosy et Mahamasina, sont également concernées par des perturbations similaires dans le cadre du même programme, accentuant la pression sur le réseau routier urbain.
Ainsi, Antananarivo se trouve confrontée à un dilemme classique des grandes villes en développement : supporter des désagréments temporaires importants pour espérer des bénéfices structurels à long terme. Entre contraintes quotidiennes et espoir d’une meilleure gestion des eaux et de la circulation, les habitants devront s’adapter pendant encore plusieurs semaines à une capitale en plein chantier.