Affrontements en Albanie autour d’un projet immobilier lié à la famille Trump

La tension est montée d’un cran en Albanie, où de violents affrontements ont éclaté le 2 juillet devant le Parlement à Tirana entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à un vaste projet touristique associé à la famille du président américain Donald Trump. Les protestataires dénoncent la construction d’un complexe hôtelier de luxe porté par Ivanka Trump et son époux Jared Kushner dans la réserve naturelle de Zvernec, sur la côte sud-ouest du pays.

Selon les autorités, plusieurs centaines de manifestants ont tenté de franchir les barrages de police pour empêcher l’accès des députés au Parlement. Les forces antiémeutes ont riposté avec des gaz lacrymogènes, du gaz poivré et des canons à eau, tandis que des manifestants lançaient des pierres, des œufs et divers projectiles. Les violences ont fait au moins une douzaine de policiers blessés et conduit à plusieurs arrestations. Des véhicules de police ont également été endommagés au cours des affrontements.

La contestation ne date pas de cette semaine. Depuis la fin du mois de mai, des milliers d’Albanais manifestent régulièrement contre ce projet immobilier, estimant qu’il menace l’un des écosystèmes les plus sensibles du pays. La lagune de Narta et la région de Zvernec abritent une importante biodiversité, notamment des colonies de flamants roses et de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs protégées. Les organisations environnementales accusent le gouvernement de sacrifier un patrimoine naturel exceptionnel au profit d’investissements privés de prestige.

Au fil des semaines, le mouvement a dépassé les seules préoccupations écologiques pour devenir une contestation plus large contre le gouvernement du Premier ministre Edi Rama. Baptisée par certains médias la « Révolution des flamants roses », cette mobilisation dénonce également le manque de transparence dans l’attribution du projet, les risques de corruption et la politique de développement touristique menée par les autorités.

De son côté, le gouvernement albanais défend le projet en affirmant qu’il permettra d’attirer des investissements internationaux, de développer un tourisme haut de gamme et de renforcer l’économie du pays dans sa perspective de rapprochement avec l’Union européenne. Les opposants, eux, promettent de poursuivre les manifestations tant que le projet ne sera pas suspendu ou réexaminé.