Madagascar : le projet de la centrale hydroélectrique de Volobe II voit ses négociations prolongées jusqu’en juin 2027

Le projet de la centrale hydroélectrique de Volobe II, considéré comme l’un des investissements énergétiques les plus stratégiques de Madagascar, devra encore patienter avant son lancement effectif. Les discussions entre l’État malgache et les partenaires du projet ont été prolongées jusqu’en juin 2027, repoussant une nouvelle fois la finalisation des accords indispensables à la mise en œuvre de cette infrastructure majeure. Cette décision illustre la complexité des négociations entourant un projet appelé à transformer durablement le paysage énergétique national.

Au cœur des discussions figurent principalement les conditions du contrat de concession ainsi que le prix auquel l’électricité produite sera vendue à la JIRAMA. Ces éléments demeurent déterminants pour assurer la viabilité économique du projet tout en garantissant un tarif acceptable pour le distributeur national et, à terme, pour les consommateurs. Les négociations portent également sur la répartition des risques financiers entre les différentes parties prenantes et sur les garanties nécessaires à la mobilisation des financements internationaux.

Située sur la rivière Ivondro, dans la région Atsinanana, à proximité de Toamasina, la future centrale hydroélectrique de Volobe II devrait disposer d’une puissance installée d’environ 120 MW et produire près de 750 GWh d’électricité par an. Une telle capacité permettrait de renforcer significativement l’approvisionnement du réseau interconnecté national, tout en réduisant la dépendance de Madagascar aux centrales thermiques fonctionnant au fioul, particulièrement coûteuses et fortement émettrices de gaz à effet de serre.

Le projet est développé dans le cadre d’un partenariat public-privé par la Compagnie Générale d’Hydroélectricité de Volobe (CGHV), avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux. Il constitue l’un des piliers du Pacte énergétique national visant à améliorer l’accès à l’électricité, alors que le taux d’électrification demeure parmi les plus faibles d’Afrique. Les autorités espèrent que cette nouvelle capacité de production contribuera à sécuriser l’alimentation électrique des ménages, des entreprises et des industries, notamment dans les grands centres urbains.

Malgré ce nouveau report, certains travaux préparatoires continuent d’avancer. L’État prévoit notamment la réalisation des infrastructures d’accès au site, dont une route de près de 45 kilomètres et un pont permettant de relier la Route nationale 2 au futur barrage. Ces aménagements visent à préparer le terrain avant le lancement des travaux principaux dès que les accords contractuels seront définitivement conclus.

Les retards successifs du projet illustrent les défis auxquels sont confrontés les grands projets d’infrastructures énergétiques à Madagascar. Les enjeux financiers, les négociations sur le coût de rachat de l’électricité, ainsi que les exigences des investisseurs internationaux rendent particulièrement complexe la conclusion des contrats. Néanmoins, les autorités réaffirment leur volonté d’aboutir à un accord équilibré afin de garantir la rentabilité du projet sans alourdir excessivement les charges de la JIRAMA.

À terme, la mise en service de Volobe II représenterait une avancée majeure pour la transition énergétique malgache. En augmentant la part de l’hydroélectricité dans le mix énergétique national, le pays pourrait réduire ses importations de carburants destinés à la production d’électricité, diminuer les coûts de production sur le long terme et améliorer la stabilité de son réseau électrique. Au-delà de ses bénéfices économiques, le projet constitue également un levier important pour accompagner le développement industriel et renforcer l’attractivité de Madagascar auprès des investisseurs.