Bolivie : le président Rodrigo Paz décrète l’état d’exception face à une crise sociale qui paralyse le pays

La Bolivie traverse une nouvelle période de forte tension politique et sociale. Le président Rodrigo Paz a décrété, samedi 20 juin 2026, l’état d’exception sur l’ensemble du territoire national afin de répondre à une vague de contestations marquée par des blocages routiers massifs qui paralysent le pays depuis plus de six semaines.

Cette décision intervient dans un contexte de crise économique profonde, alors que des syndicats, des organisations paysannes et plusieurs groupes sociaux dénoncent la politique du gouvernement, notamment face aux difficultés liées au coût de la vie, aux pénuries de carburant et aux tensions économiques. Les manifestations ont entraîné d’importantes perturbations dans l’approvisionnement en nourriture, médicaments et ressources essentielles, particulièrement dans la région de La Paz.

En décrétant l’état d’exception, le chef de l’État a autorisé une intervention renforcée des forces de sécurité pour rétablir la circulation et mettre fin aux barrages routiers. L’armée et la police ont commencé à dégager plusieurs axes bloqués, notamment autour d’El Alto, une zone fortement touchée par les mobilisations. Selon les autorités, l’objectif est de garantir la libre circulation des citoyens et de permettre le retour à une situation normale.

Rodrigo Paz affirme avoir pris cette mesure après l’échec de plusieurs tentatives de dialogue avec les secteurs mobilisés. Il accuse certains groupes de chercher à déstabiliser les institutions du pays, tandis que les opposants au gouvernement dénoncent une réponse jugée trop autoritaire face à une crise sociale qui, selon eux, trouve son origine dans les difficultés économiques de la population.

La crise trouve notamment ses racines dans les réformes économiques engagées par le gouvernement, dont la réduction de certaines subventions publiques, en particulier dans le secteur énergétique. Ces mesures ont provoqué une forte contestation populaire, avec des revendications portant sur les salaires, l’accès aux produits essentiels et la politique économique du pouvoir en place.

Un accord avait pourtant été conclu entre le gouvernement et la principale organisation syndicale du pays, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), afin d’apaiser les tensions. Cependant, plusieurs groupes sociaux, notamment certains secteurs ruraux et des organisations proches de l’ancien président Evo Morales, ont décidé de poursuivre leur mobilisation.

Cette décision présidentielle ouvre désormais une nouvelle phase d’incertitude en Bolivie. Si le gouvernement espère rétablir rapidement l’ordre public et relancer l’économie, les critiques craignent que l’usage de mesures exceptionnelles n’accentue les divisions politiques et sociales dans un pays déjà fragilisé par une crise majeure.