L’Afrique du Sud a annoncé qu’elle retirerait l’ensemble de ses troupes engagées dans la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) d’ici la fin de l’année 2026. Cette décision, communiquée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa au secrétaire général des Nations unies António Guterres, marque la fin de près de trois décennies de participation sud-africaine aux opérations de maintien de la paix en RDC .
Présente en République démocratique du Congo depuis environ 27 ans, l’Afrique du Sud figure parmi les pays ayant apporté une contribution significative à la MONUSCO, tant en effectifs qu’en soutien opérationnel. À ce jour, environ 700 soldats sud-africains sont déployés au sein de la mission, qui compte plus de 11 000 Casques bleus issus de plusieurs pays. Créée en 1999, la MONUSCO a pour mandat principal la protection des civils, le soutien aux institutions congolaises et la stabilisation des zones affectées par les conflits armés, notamment dans l’est du pays .
Selon les autorités sud-africaines, ce retrait s’inscrit dans une démarche de réévaluation stratégique des engagements militaires du pays à l’étranger. Le gouvernement de Pretoria souhaite recentrer ses ressources tout en assurant une transition progressive et coordonnée avec les Nations unies, afin de limiter les impacts sécuritaires sur le terrain. Les responsables sud-africains ont souligné que cette décision ne constitue pas un désengagement politique ou diplomatique vis-à-vis de la RDC, mais plutôt un ajustement de la forme de leur contribution à la paix régionale .
Malgré le retrait annoncé, l’Afrique du Sud a réaffirmé son attachement aux principes du multilatéralisme et à la stabilité de la région des Grands Lacs. Elle entend poursuivre son soutien à la RDC à travers des mécanismes diplomatiques, ainsi que par l’intermédiaire d’organisations régionales telles que l’Union africaine et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les Nations unies ont, de leur côté, salué l’engagement de longue date de l’Afrique du Sud et rendu hommage aux soldats ayant servi sous le drapeau onusien, certains ayant perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire toujours fragile en République démocratique du Congo, où les violences persistent dans certaines provinces de l’est malgré les efforts de médiation régionale et internationale. Le retrait progressif des troupes sud-africaines soulève ainsi des interrogations quant à l’évolution future de la MONUSCO et à la capacité des forces congolaises à assurer durablement la sécurité des populations civiles dans les zones à risque .