Selon une analyse récente du cabinet indépendant Rhodium Group, la croissance réelle de l’économie chinoise en 2025 serait nettement inférieure à 3 %, un niveau très éloigné de l’objectif officiel fixé par les autorités autour de 5 %. Cette estimation suggère que le rythme effectif de l’activité économique serait presque deux fois plus faible que celui mis en avant dans les communications gouvernementales.
Les experts expliquent ce ralentissement par une forte contraction des investissements, en particulier dans les infrastructures, l’immobilier et les équipements industriels. La baisse de ces dépenses, essentielle au modèle de croissance chinois, se serait accentuée durant la seconde moitié de l’année, freinant durablement l’expansion de l’économie, pourtant l’une des plus importantes au monde.
Bien que les chiffres officiels attendus lors des prochaines annonces politiques devraient confirmer l’atteinte de l’objectif de croissance, le rapport souligne l’existence d’un important déficit de demande, estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars, qui ne serait pas correctement reflété dans les statistiques publiques. Cette divergence alimente les doutes concernant la cohérence entre certains indicateurs économiques et les données de croissance publiées.
Les analystes notent également une contradiction structurelle : il est inhabituel qu’une économie affiche une croissance élevée tout en étant confrontée à une déflation persistante, phénomène observé en Chine depuis plusieurs trimestres. Cette situation renforce l’idée d’un ralentissement plus profond que ne le suggèrent les chiffres officiels.
Pour l’année 2026, les perspectives restent prudentes. Rhodium Group anticipe une progression économique comprise entre 1 % et 2,5 %, un niveau bien inférieur aux prévisions plus optimistes formulées par certaines institutions internationales. Ces estimations confirment l’entrée de la Chine dans une phase de croissance plus modérée et structurellement fragile.