Eramet confronté à une crise majeure entre pertes financières et turbulences de gouvernance

Le groupe minier français Eramet traverse une période particulièrement difficile marquée par une forte dégradation de ses résultats financiers et des tensions internes liées à sa gouvernance. Cette situation a suscité l’inquiétude des investisseurs et relancé les interrogations sur la stratégie du groupe dans un contexte mondial incertain pour les matières premières.

L’année 2025 s’est révélée très compliquée pour l’entreprise spécialisée dans l’exploitation de métaux stratégiques, notamment le nickel, le manganèse et le lithium. Le groupe a enregistré une perte nette d’environ 477 millions d’euros, alors qu’il avait encore dégagé un bénéfice l’année précédente. Dans le même temps, son chiffre d’affaires a reculé d’environ 7 %, pour atteindre près de 3,15 milliards d’euros. L’excédent brut d’exploitation a quant à lui fortement chuté, traduisant une baisse importante de la rentabilité.

Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration. Le secteur minier a été confronté à un environnement économique plus difficile, marqué par la volatilité des prix des métaux et un ralentissement de la demande dans certains secteurs industriels. À cela s’ajoutent des difficultés opérationnelles sur certains sites d’exploitation ainsi que des coûts de production élevés qui ont pesé sur la performance globale du groupe.

Face à cette situation, la direction a annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer la solidité financière de l’entreprise. Parmi celles-ci figurent une augmentation de capital prévue pour 2026 afin d’améliorer la trésorerie et soutenir les investissements futurs. Le groupe envisage également de céder certains actifs afin de réduire son endettement et de recentrer ses activités sur ses projets les plus stratégiques.

Dans le même temps, l’entreprise a décidé de suspendre le versement de dividendes pendant deux ans, une mesure visant à préserver les ressources financières nécessaires au redressement de ses activités.

Parallèlement aux difficultés financières, le groupe a également été secoué par une crise interne de gouvernance. Début 2026, le conseil d’administration a décidé de mettre fin aux fonctions de son directeur général, quelques mois seulement après sa nomination. Cette décision inattendue a renforcé les interrogations sur la stabilité de la direction et sur la gestion stratégique du groupe.

Dans la foulée, d’autres changements ont été observés au sein de la direction financière, alimentant les spéculations sur l’existence de tensions internes et de divergences dans la gestion de l’entreprise. Ces événements ont contribué à fragiliser davantage la confiance des marchés et des investisseurs.

Acteur historique de l’industrie minière, Eramet occupe une place importante dans l’approvisionnement mondial en métaux utilisés dans de nombreux secteurs industriels, notamment dans les technologies liées à la transition énergétique. Le groupe bénéficie également du soutien de l’État français, qui détient une participation significative dans son capital.

Dans ce contexte, les prochains mois seront déterminants pour l’entreprise. Le succès des mesures de redressement, la stabilisation de la gouvernance et l’évolution des marchés des métaux seront autant de facteurs clés pour déterminer la capacité du groupe à sortir de cette période de turbulence et à retrouver une trajectoire de croissance durable.