Dissolution de partis politiques en Guinée : l’opposant Cellou Dalein Diallo appelle à la résistance

La scène politique guinéenne traverse une nouvelle zone de turbulences après la décision des autorités de dissoudre plusieurs partis politiques majeurs du pays. Cette mesure, annoncée par le ministère de l’Administration du territoire, a immédiatement suscité de vives réactions au sein de l’opposition, notamment de la part de Cellou Dalein Diallo, leader historique de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Le gouvernement guinéen a annoncé la dissolution d’environ 40 partis politiques, invoquant le non-respect de certaines obligations légales, notamment des exigences administratives et financières imposées aux formations politiques. Parmi les organisations concernées figurent plusieurs acteurs majeurs de la vie politique nationale, dont l’UFDG, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ancien président Alpha Condé et l’Union des forces républicaines (UFR) dirigée par Sidya Touré.

Les autorités affirment que cette décision s’inscrit dans une volonté de faire respecter les règles encadrant le fonctionnement des partis politiques. Cependant, l’opposition y voit une tentative de restructuration du paysage politique au profit du pouvoir en place. Pour Cellou Dalein Diallo, cette dissolution massive vise à écarter les principales forces d’opposition et à instaurer un système dominé par un parti unique.

Dans une déclaration publique, l’ancien Premier ministre guinéen a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du régime dirigé par le président Mamadi Doumbouya. Selon lui, la décision du gouvernement chercherait à « effacer du paysage politique toutes les forces susceptibles de s’opposer au pouvoir » et à instaurer une forme de « pensée unique ».

Face à cette situation, Cellou Dalein Diallo a lancé un appel à la mobilisation et à la résistance à l’échelle nationale. Il estime que les voies institutionnelles et le dialogue politique ne permettent plus d’obtenir des changements démocratiques dans le pays, appelant ainsi les citoyens, les militants et les organisations civiles à s’unir pour défendre les libertés publiques et le pluralisme politique.

Cette crise politique intervient dans un contexte déjà fragile pour la Guinée. Depuis le coup d’État militaire de 2021 qui a porté le général Mamadi Doumbouya au pouvoir, le pays connaît une transition politique marquée par des tensions entre les autorités et l’opposition. Plusieurs observateurs s’inquiètent désormais d’un durcissement du climat politique, alors que des élections législatives et locales sont attendues dans les prochains mois.

La dissolution de ces partis et l’appel à la résistance lancé par l’opposition pourraient ainsi accentuer les tensions politiques dans le pays et ouvrir une nouvelle phase d’incertitude pour l’avenir démocratique de la Guinée