AEP 24 : Vers une refondation stratégique du droit international

La 24ᵉ session de l’Assemblée des États Parties de la CPI, qui se tient du 1er au 6 décembre 2025 à La Haye, intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la justice internationale. Entre pressions politiques, défis institutionnels, menaces cybernétiques et retraits de certains États, cette session représente une étape décisive pour la survie et l’efficacité du système judiciaire international.

1. Une coopération judiciaire internationale plus cruciale que jamais

L’AEP 24 souligne l’urgence pour les États parties de réaffirmer leur engagement envers la coopération internationale. Face à la multiplication des cas de non‑coopération, des refus d’arrestation et des retraits du Statut de Rome, renforcer les mécanismes d’entraide judiciaire et garantir l’exécution des mandats d’arrêt deviennent essentiels.

Les États sont également incités à adapter leurs législations internes afin de fluidifier l’extradition, l’assistance judiciaire et la coordination dans les enquêtes transfrontalières. Cette coopération renforcée vise à rendre la justice internationale plus rapide, plus efficace et mieux adaptée à la criminalité globalisée.

2. Une CPI fragilisée — entre défis institutionnels et pressions extérieures

La Cour fait face à des pressions inédites, notamment à travers des sanctions et des critiques dirigées contre ses instances. Ces tensions mettent en lumière la fragilité institutionnelle de la CPI et la nécessité de protéger son indépendance.

Parallèlement, des défis internes persistent : culture de travail problématique, allégations d’inconduite et besoins de réformes structurelles soulignent l’urgence de garantir transparence et responsabilité au sein de la Cour.

3. Technologie, cybermenaces et nouvelles formes de criminalité : un impératif d’adaptation

La criminalité internationale évolue rapidement, avec des cyberattaques, des crimes transnationaux et des transferts de preuves numériques. La CPI et les États parties doivent moderniser leurs approches pour rester efficaces.

L’usage de technologies avancées et la mise en place de cadres robustes de cybersécurité judiciaire apparaissent comme des priorités pour protéger les institutions et assurer la fiabilité des enquêtes.

4. Droits humains, justice pour les victimes et universalisme menacé

Face aux conflits et violations des droits humains, la CPI reste un pilier indispensable pour lutter contre l’impunité. Pour être efficace, elle doit pouvoir compter sur l’unité et la coopération des États parties.

La protection des victimes, la garantie d’un traitement digne des témoins et la participation significative des parties affectées sont essentielles pour légitimer la justice internationale et renforcer son impact.

5. Une justice internationale en quête de modernisation et de résilience

L’AEP 24 marque un tournant stratégique pour la CPI et les États parties. L’avenir de la justice internationale repose sur :

  • Une coopération judiciaire internationale sincère et renforcée
  • Des réformes institutionnelles pour garantir l’indépendance et la crédibilité de la Cour
  • Une adaptation aux défis technologiques et aux nouvelles formes de criminalité
  • Une protection effective des victimes et des défenseurs des droits humains
  • L’affirmation de l’universalité du Statut de Rome malgré les pressions géopolitiques