Madagascar vise une prolongation de dix ans de l’Agoa pour sécuriser durablement ses exportations vers les États-Unis

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Madagascar entend profiter de la récente avancée enregistrée autour de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour obtenir une prolongation beaucoup plus longue du dispositif commercial américain. Après l’adoption par la Chambre des représentants des États-Unis d’un texte prévoyant le maintien de l’Agoa jusqu’au 31 décembre 2028, le gouvernement malgache souhaite désormais intensifier ses démarches afin de parvenir à une extension de dix ans.

Pour Madagascar, l’enjeu dépasse largement la simple reconduction d’un régime préférentiel. L’Agoa constitue un levier important pour les entreprises exportatrices qui bénéficient d’un accès privilégié au marché américain. Une prolongation sur une période de dix ans offrirait ainsi davantage de visibilité aux opérateurs économiques, notamment dans les secteurs tournés vers l’exportation, en leur permettant de planifier leurs investissements, leurs capacités de production et leurs stratégies commerciales sur un horizon beaucoup plus stable.

Le ministère du Commerce et de la Consommation considère qu’une telle visibilité pourrait également contribuer à renforcer la confiance des investisseurs. La stabilité des conditions d’accès au marché américain est particulièrement importante pour les entreprises qui doivent engager des investissements plusieurs années avant de pouvoir mesurer pleinement leur rentabilité. Une perspective de dix ans pourrait donc favoriser l’installation de nouveaux investisseurs et encourager les entreprises déjà présentes à accroître leurs capacités de production.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où Madagascar cherche depuis plusieurs mois à défendre ses intérêts auprès des autorités américaines. Le pays avait déjà engagé des actions de plaidoyer pour préserver l’accès préférentiel de ses produits au marché américain, alors que l’Agoa était arrivé à expiration en septembre 2025. Une prolongation temporaire avait ensuite permis de maintenir le dispositif, avant que le Congrès américain ne se prononce en faveur d’une nouvelle extension jusqu’en 2028.

La nouvelle échéance de 2028 constitue donc à la fois un soulagement et un délai supplémentaire pour Madagascar. Le gouvernement malgache entend utiliser cette période pour poursuivre les consultations avec les responsables américains et présenter les arguments en faveur d’un engagement de plus longue durée. L’objectif est notamment de démontrer que la stabilité du dispositif peut bénéficier aux deux parties en consolidant les échanges commerciaux et en renforçant les relations économiques entre Madagascar et les États-Unis.

Pour les entreprises malgaches, l’enjeu est également de préserver leur compétitivité face à la concurrence internationale. L’accès préférentiel au marché américain peut représenter un avantage déterminant dans la décision des donneurs d’ordre internationaux de maintenir ou de développer leurs commandes à Madagascar. Une incertitude permanente sur la durée de l’Agoa peut en revanche compliquer la conclusion de contrats à long terme et inciter certains investisseurs à privilégier d’autres destinations.

La prolongation jusqu’en 2028 doit encore suivre la procédure américaine avant de devenir pleinement effective. Selon le ministère malgache, l’approbation présidentielle constitue l’étape attendue pour finaliser le processus. Le gouvernement considère néanmoins le vote du Congrès comme un signal positif susceptible de rassurer les investisseurs et les opérateurs économiques.

Madagascar ne souhaite donc pas attendre la prochaine échéance pour agir. Le pays veut déjà préparer la suite en défendant une prolongation de dix ans, avec l’ambition de transformer l’Agoa en un cadre suffisamment prévisible pour soutenir durablement les exportations, encourager les investissements et renforcer la présence des produits malgaches sur le marché américain. Cette démarche représente un enjeu stratégique pour l’économie malgache, alors que la diversification des débouchés et l’augmentation des exportations demeurent essentielles pour consolider la croissance du secteur privé et attirer davantage d’investissements internationaux.