Réseaux sociaux : Meta condamnée à verser 942 millions de dollars et contrainte de renforcer la protection des mineurs

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Un juge du Nouveau-Mexique, aux États-Unis, a ordonné à Meta de verser un total de 942 millions de dollars et d’imposer pendant cinq ans de nouvelles restrictions sur Facebook et Instagram pour mieux protéger les utilisateurs mineurs. Cette décision, rendue jeudi 6 août 2026, constitue une nouvelle étape majeure dans les procédures engagées aux États-Unis contre les grandes plateformes numériques concernant leurs effets sur les enfants et les adolescents.

La somme de 942 millions de dollars se compose de 567 millions de dollars destinés à un fonds de réparation, qui doit notamment financer des programmes consacrés à la santé mentale et à la prévention auprès des jeunes. Elle comprend également 375 millions de dollars de pénalités civiles déjà prononcées en mars 2026 par un jury de Santa Fe, après avoir conclu que Meta avait violé la législation de protection des consommateurs du Nouveau-Mexique.

Au-delà de la sanction financière, la décision impose à Meta une série de mesures visant directement l’utilisation de ses plateformes par les moins de 18 ans. Le juge Bryan Biedscheid a notamment fixé à 90 heures par mois la durée cumulée d’utilisation de Facebook et Instagram pour les mineurs dans l’État. Les notifications devront également être désactivées durant certaines périodes nocturnes et pendant les heures de classe. Le nombre de mentions « J’aime » devra par ailleurs être masqué par défaut.

La décision prévoit aussi des mesures destinées à limiter les risques liés aux interactions en ligne. Les échanges à caractère romantique ou sexualisé entre mineurs et les agents conversationnels d’intelligence artificielle de Meta sont interdits. L’entreprise devra également renforcer le traitement des signalements liés à l’exploitation sexuelle : ceux-ci devront faire l’objet d’un examen humain dans un délai de 48 heures.

Les relations entre adultes et mineurs font également l’objet de nouvelles restrictions. Un adulte ne pourra pas envoyer de message à un mineur qui ne figure pas parmi ses contacts. En outre, les comptes soupçonnés d’appartenir à des enfants de moins de 13 ans devront être supprimés lorsque leur âge ne pourra pas être confirmé. Ces mesures visent notamment à réduire l’exposition des jeunes utilisateurs aux prédateurs et aux contenus potentiellement dangereux.

Meta a annoncé son intention de faire appel de la décision, affirmant être en désaccord avec le jugement tout en assurant maintenir sa volonté de renforcer la sécurité des adolescents sur ses plateformes. Les nouvelles restrictions ne seront toutefois pas immédiatement appliquées pendant la procédure d’appel si l’entreprise verse une caution.

Cette décision ne concerne pour l’instant que le Nouveau-Mexique, mais elle pourrait avoir une portée plus large dans le débat américain sur la responsabilité des réseaux sociaux. Meta fait en effet face à plusieurs autres procédures judiciaires portant sur la sécurité des enfants et les effets des plateformes sociales sur les jeunes utilisateurs. Un nouveau procès impliquant l’entreprise est notamment attendu en Californie.

Au-delà du montant exceptionnel de la sanction, l’affaire illustre ainsi le durcissement de la pression exercée sur les géants de la technologie aux États-Unis. Les autorités et les tribunaux cherchent désormais à déterminer jusqu’où doit aller la responsabilité des plateformes dans la protection des mineurs, notamment face aux risques liés à la dépendance numérique, aux contenus préjudiciables, aux interactions avec des inconnus et aux nouveaux outils d’intelligence artificielle.