Madagascar : les jeunes proposent deux modèles pour repenser l’organisation de l’État

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La Concertation nationale des jeunes, organisée du 29 juillet au 1er août 2026 au Centre de conférences internationales (CCI) d’Ivato, a abouti à une série de propositions destinées à alimenter le processus de refondation de Madagascar. Parmi les sujets les plus sensibles figure la question de la forme de l’État. Après plusieurs jours de débats, les jeunes participants n’ont pas retenu un modèle unique, mais proposent de poursuivre la réflexion autour de deux options : un État unitaire fortement décentralisé ou un État fédéral.

La question de l’organisation territoriale de l’État a suscité des discussions particulièrement animées entre les représentants des différentes régions. Le débat oppose notamment les partisans d’un renforcement de la décentralisation dans le cadre d’un État unitaire à ceux qui souhaitent une transformation plus profonde du système à travers l’instauration d’un État fédéral. Selon des éléments rapportés pendant les travaux, les positions ont parfois reflété des sensibilités régionales différentes, avec notamment des participants des régions côtières davantage favorables au fédéralisme, tandis que d’autres défendaient le maintien d’un État unitaire assorti d’une véritable décentralisation.

Le choix final effectué au cours des discussions illustre cette division. Onze régions se sont prononcées en faveur d’un État unitaire, dix ont choisi l’option fédérale, tandis que deux autres ont privilégié un modèle régionalisé. La région Atsinanana, pour sa part, a choisi de rester neutre. Cette répartition montre qu’aucun consensus définitif ne s’est dégagé sur la forme que devrait prendre l’État malgache dans le cadre de la refondation.

Face à cette absence de consensus, les jeunes proposent qu’un « référendum d’option » puisse permettre à la population de trancher entre les différentes orientations. L’objectif serait ainsi de ne pas imposer directement un modèle institutionnel, mais de soumettre cette question majeure au choix des citoyens. Cette proposition intervient alors que la refondation doit conduire à une réflexion plus large sur les institutions et sur l’organisation politique du pays.

Au-delà de la forme de l’État, les résolutions adoptées par les quelque 400 jeunes issus des 24 régions couvrent un éventail beaucoup plus large de domaines. Sur le plan politique et institutionnel, ils demandent notamment la dissolution de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi qu’une réforme importante de la législation électorale. Ils proposent également que les fokontany soient intégrés parmi les Collectivités territoriales décentralisées et souhaitent la création d’un Parlement des jeunes afin d’accroître la participation de la jeunesse à la vie publique.

Les recommandations concernent également l’économie et l’emploi. Les participants souhaitent renforcer la place des producteurs locaux et favoriser l’entrepreneuriat des jeunes malgaches, notamment en facilitant l’accès au financement et en mettant en place des dispositifs capables d’accompagner davantage les porteurs de projets. L’objectif affiché est de créer un environnement plus favorable à l’initiative économique et à la création d’emplois.

Dans les secteurs de l’éducation et du développement social, les jeunes demandent notamment la construction de logements équipés pour les enseignants, la création d’un centre de formation professionnelle dans chaque commune ainsi que la mise en place de lycées techniques et de collèges agricoles dans chaque district. Ces propositions traduisent la volonté de rapprocher les services publics des populations et de mieux répondre aux besoins des différentes régions.

L’environnement constitue également un volet important des résolutions. Les participants appellent à renforcer la gouvernance environnementale et l’application des textes destinés à protéger les ressources naturelles. Ils proposent notamment la création d’un comité des jeunes consacré à la protection de l’environnement et une meilleure protection des lanceurs d’alerte.

La question de la forme de l’État reste toutefois l’un des enjeux les plus structurants. Le fédéralisme pourrait permettre une plus grande autonomie des territoires et une prise de décision davantage rapprochée des réalités locales. À l’inverse, un État unitaire fortement décentralisé chercherait à préserver l’unité institutionnelle du pays tout en transférant davantage de compétences et de ressources aux collectivités territoriales. Le choix entre ces deux modèles nécessiterait donc une analyse approfondie de leurs conséquences politiques, économiques, administratives et sociales.

Les propositions issues de la Concertation nationale des jeunes ne constituent pas, à ce stade, une décision définitive sur l’avenir institutionnel du pays. Elles doivent désormais alimenter les prochaines étapes du processus de refondation. La concertation nationale plus large doit notamment contribuer à la réflexion sur les institutions et à l’élaboration de la future Constitution de la Ve République, dont l’adoption par référendum est envisagée en juin 2027.

À travers ces résolutions, la jeunesse malgache cherche ainsi à prendre une place plus importante dans la définition de l’avenir politique et économique du pays. Le débat sur l’État unitaire ou fédéral ne constitue qu’un des volets d’une réflexion plus vaste sur la gouvernance, la décentralisation, les institutions, l’économie et les services publics. La prochaine étape consistera désormais à transformer ces propositions en orientations concrètes et à déterminer dans quelle mesure elles pourront être intégrées au processus de refondation de Madagascar.