ONU : l’Afrique entre dans la course pour succéder à António Guterres

La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies prend une nouvelle dimension avec l’entrée officielle de l’Ougandais Olara Otunnu. Sa candidature porte désormais à sept le nombre de prétendants au poste de secrétaire général de l’ONU, dont deux candidats africains face à cinq personnalités originaires d’Amérique latine et des Caraïbes.

Olara Otunnu, 75 ans, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies et ancien représentant spécial pour les enfants dans les conflits armés, rejoint ainsi l’ancien président sénégalais Macky Sall dans le camp africain. Les cinq autres candidats sont Michelle Bachelet (Chili), María Fernanda Espinosa (Équateur), Rafael Grossi (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica) et Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana). Avec quatre femmes et trois hommes en lice, cette élection pourrait également aboutir à la nomination de la première femme secrétaire générale de l’histoire de l’organisation.

L’élection intervient dans un contexte international particulièrement complexe, marqué par les conflits armés, les tensions géopolitiques, le changement climatique, les défis liés à l’intelligence artificielle et les difficultés budgétaires de l’ONU. Les candidats ont récemment présenté leurs priorités devant les États membres, mettant en avant des propositions de réforme de la gouvernance mondiale, du maintien de la paix et du financement des institutions internationales.

Pour l’Afrique, cette élection revêt une importance symbolique. Le continent n’a plus occupé le poste de secrétaire général depuis la fin du mandat de Kofi Annan en 2006. Avant lui, seul Boutros Boutros-Ghali avait dirigé l’ONU. Une victoire de Macky Sall ou d’Olara Otunnu marquerait donc le retour d’un Africain à la tête de l’organisation après deux décennies d’absence.

Toutefois, la route reste semée d’embûches. Si la rotation géographique plaide historiquement en faveur d’un candidat latino-américain, la décision finale dépendra du Conseil de sécurité des Nations unies, où chacun des cinq membres permanents dispose d’un droit de veto. Les premiers votes indicatifs du Conseil doivent débuter dans les prochains jours, une étape déterminante avant la désignation du futur chef de l’ONU, dont le mandat débutera le 1er janvier 2027.