Onze enfants périssent dans l’incendie d’un orphelinat en Algérie

Une tragédie d’une rare violence a frappé l’Algérie dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet 2026. Un violent incendie s’est déclaré dans un orphelinat situé à Mohammadia, dans la banlieue est d’Alger, provoquant la mort de onze enfants et faisant dix-neuf blessés. Ce drame, qui s’est produit en pleine vague de chaleur touchant le pays, a profondément bouleversé l’opinion publique et suscité une vive émotion au sein des autorités algériennes.

Selon la Direction générale de la Protection civile, le feu s’est déclaré aux alentours de 3 h 30 dans un établissement de deux étages accueillant des enfants pris en charge par les services de protection de l’enfance. Les flammes se sont rapidement propagées dans le bâtiment, piégeant plusieurs pensionnaires pendant leur sommeil. Les secours, rapidement mobilisés, sont intervenus avec d’importants moyens pour maîtriser l’incendie, évacuer les survivants et secourir les enfants encore bloqués à l’intérieur. Dix des blessés souffrent de brûlures de gravité variable et ont été transférés vers un hôpital spécialisé, tandis que cinq enfants en situation de handicap ont pu être évacués sains et saufs. Les autorités n’ont pas encore communiqué l’identité ni l’âge des victimes.

Avant même l’arrivée des pompiers, plusieurs riverains ont tenté de venir en aide aux enfants. Parmi eux, Yassine Ibrize, habitant du quartier, raconte avoir entendu des cris provenant du bâtiment en flammes avant de s’y précipiter pour sauver des pensionnaires. Malgré les importantes brûlures qu’il a subies, il affirme avoir réussi à mettre trois jeunes filles en sécurité. Son fils, également blessé lors de l’intervention, a décrit une épaisse fumée rendant toute progression dans les étages presque impossible. Les témoignages recueillis sur place illustrent la violence du sinistre et les conditions particulièrement difficiles dans lesquelles les opérations de secours se sont déroulées.

Au lendemain de l’incendie, les façades du bâtiment portaient encore les stigmates du drame : fenêtres calcinées, murs noircis par la fumée et grilles métalliques découpées par les pompiers pour accéder aux victimes. Selon le professeur Rachid Belhadj, chef du service de médecine légale de l’hôpital Mustapha Bacha, plusieurs corps ont été entièrement calcinés, rendant leur identification particulièrement complexe. Des analyses ADN devront être réalisées et pourraient nécessiter plusieurs jours avant de permettre aux familles d’identifier officiellement les victimes.

Les circonstances exactes de l’incendie demeurent inconnues. Les autorités ont ouvert une enquête afin de déterminer l’origine du feu et d’établir si une défaillance technique, un accident ou une négligence est à l’origine de cette catastrophe. Aucune hypothèse n’a été privilégiée à ce stade de l’enquête.

En déplacement officiel en Allemagne, le président Abdelmadjid Tebboune a exprimé sa profonde émotion et présenté ses condoléances aux familles des victimes. Dans un message publié à l’occasion de la Journée nationale de l’enfant en Algérie, il a évoqué « la mort d’enfants et les blessures subies par d’autres enfants » et assuré que l’État accompagnerait les familles touchées par cette tragédie. Le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est pour sa part rendu au chevet des blessés dans les hôpitaux de Zéralda et Mustapha Bacha afin de suivre personnellement leur prise en charge médicale.

Ce drame intervient dans un contexte climatique particulièrement difficile. Depuis le début du mois de juillet, une canicule exceptionnelle touche plusieurs régions d’Algérie, entraînant une multiplication des incendies. La Protection civile a indiqué avoir maîtrisé plus de 900 départs de feu à travers le pays depuis le 8 juillet. Si aucun lien direct n’a encore été établi entre ces incendies et celui de l’orphelinat de Mohammadia, les températures extrêmes compliquent considérablement le travail des secours et renforcent les inquiétudes concernant les risques d’incendie dans les établissements accueillant des populations vulnérables.

L’incendie de Mohammadia figure désormais parmi les plus graves catastrophes ayant touché un établissement d’accueil pour enfants en Algérie ces dernières années. Au-delà du lourd bilan humain, cette tragédie relance les interrogations sur les dispositifs de prévention des incendies, les normes de sécurité des établissements sociaux et les conditions d’évacuation des personnes les plus vulnérables. L’enquête devra déterminer les responsabilités et permettre d’identifier les éventuelles mesures nécessaires pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.