Le centre de Téhéran envahi par une foule immense pour les funérailles d’Ali Khamenei

Des centaines de milliers, voire des millions de personnes, ont convergé ce lundi vers le centre de Téhéran pour participer à la procession funèbre de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Cette cérémonie, organisée plusieurs mois après sa mort lors d’une frappe attribuée aux États-Unis et à Israël, constitue l’un des plus grands rassemblements publics de l’histoire récente de l’Iran.

Vêtus de noir, les participants ont accompagné le convoi transportant le cercueil de Khamenei et de plusieurs membres de sa famille tués dans la même attaque. Des images aériennes diffusées par les médias iraniens montrent une marée humaine s’étendant sur plusieurs kilomètres entre la place de la Révolution (Enghelab) et la place Azadi, symbole de la capitale iranienne. Les autorités ont mobilisé un important dispositif de sécurité afin d’éviter les mouvements de foule, tandis que des équipes de secours étaient déployées tout au long du parcours.

La cérémonie revêt une forte portée politique. De nombreux participants ont scandé des slogans hostiles aux États-Unis et à Israël, accusés par Téhéran d’être responsables de l’assassinat du dirigeant iranien. Des pancartes appelant à la vengeance ont également été brandies, tandis que des drapeaux américain et israélien ont été brûlés par certains manifestants.

Le gouvernement iranien présente cette mobilisation comme une démonstration de cohésion nationale face aux pressions extérieures. Toutefois, plusieurs analystes soulignent que l’affluence ne reflète pas nécessairement un soutien unanime au régime. Pour de nombreux Iraniens, la participation aux funérailles relève autant de traditions religieuses, culturelles ou familiales que d’un engagement politique. En parallèle, le pays demeure confronté à une crise économique persistante, à une forte inflation et à des tensions sociales qui continuent d’alimenter le mécontentement populaire.

Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, n’est pas apparu publiquement durant la procession. Selon plusieurs sources, il serait toujours sous haute protection après avoir été blessé lors de la frappe ayant coûté la vie à son père. Son absence alimente les interrogations sur la transition du pouvoir et sur l’évolution de la gouvernance iranienne dans un contexte régional particulièrement tendu.

Après cette étape à Téhéran, le cortège funéraire doit poursuivre son parcours dans plusieurs villes saintes d’Iran avant l’inhumation de l’ancien dirigeant. Les cérémonies se déroulent alors que les discussions diplomatiques autour de l’avenir des relations entre l’Iran, les États-Unis et Israël restent marquées par de profondes incertitudes.