Le gouvernement malgache a revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour l’année 2026, ramenant son estimation à 3,8 % contre 4,8 % initialement prévue dans la Loi de finances 2026. Cette révision figure dans le projet de Loi de finances rectificative (PLFR) présenté par les autorités, qui invoquent plusieurs chocs exogènes ayant affecté l’économie nationale depuis le début de l’année.
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, cette correction est principalement liée aux conséquences des cyclones Fytia et Gezani, qui ont frappé plusieurs régions du pays et provoqué d’importants dégâts dans les secteurs productifs. L’agriculture, pilier essentiel de l’économie malgache, a été particulièrement touchée par la destruction de cultures et la dégradation des infrastructures rurales. Dans le même temps, les activités industrielles ont subi un ralentissement en raison des dommages causés au réseau électrique de Toamasina ainsi qu’aux installations du complexe minier d’Ambatovy.
Face à cette situation, les prévisions de croissance du secteur primaire ont été revues à 4 %, contre 6,4 % initialement envisagés. La croissance agricole devrait ainsi atteindre 4,1 %, tandis que les secteurs de l’élevage et de la pêche afficheraient une progression plus modérée de 4 %. Cette révision reflète l’impact direct des catastrophes naturelles sur les capacités de production et sur les revenus de nombreuses communautés rurales.
Cette nouvelle projection rapproche davantage les prévisions gouvernementales de celles avancées par plusieurs institutions financières internationales. Le Fonds monétaire international (FMI) estime notamment que la croissance économique de Madagascar pourrait s’établir autour de 3,6 % en 2026, tandis que la Banque mondiale table sur un taux proche de 3,8 %. Ces institutions soulignent toutefois que les perspectives restent dépendantes de la stabilité macroéconomique, de la poursuite des investissements dans les infrastructures stratégiques et de la capacité du pays à faire face aux risques climatiques récurrents.
Au-delà du ralentissement de la croissance, les défis restent nombreux. Les pressions inflationnistes continuent de peser sur le pouvoir d’achat des ménages, tandis que les incertitudes liées aux marchés internationaux, aux tensions géopolitiques et aux changements climatiques demeurent des facteurs de vulnérabilité pour l’économie malgache. Plusieurs institutions internationales, dont la Banque africaine de développement (BAD), considèrent néanmoins que Madagascar conserve un potentiel de reprise progressive à moyen terme, à condition de renforcer sa résilience économique et de poursuivre les réformes structurelles engagées.
Cette révision des perspectives économiques illustre ainsi la difficulté pour Madagascar de maintenir une trajectoire de croissance soutenue dans un contexte marqué par des aléas climatiques fréquents et des contraintes structurelles persistantes. Malgré ce ralentissement, les autorités espèrent que les investissements publics et privés, notamment dans les secteurs des infrastructures, des mines et des télécommunications, permettront de soutenir progressivement l’activité économique au cours des prochaines années.