La Lettonie traverse une grave crise politique après la démission de la Première ministre Evika Siliņa, fragilisée par une série d’incidents liés à des drones ukrainiens tombés sur le territoire letton. Cette situation, qui intervient dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires dues à la guerre en Ukraine, a provoqué l’effondrement de la coalition gouvernementale à quelques mois des élections législatives prévues en octobre 2026.
La crise a débuté après plusieurs incursions de drones présumés ukrainiens dans l’espace aérien letton, près de la frontière russe. Selon les autorités, certains appareils destinés à des opérations contre la Russie auraient été déviés de leur trajectoire, probablement à cause d’interférences électroniques russes, avant de s’écraser en Lettonie. L’un des drones a explosé dans une installation de stockage pétrolier proche de la ville de Rēzekne, causant des dégâts matériels sans faire de victimes.
Ces incidents ont mis en lumière les faiblesses du système de défense aérienne letton et suscité une vive polémique au sein du pays balte, membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Le gouvernement a été vivement critiqué pour sa réaction jugée trop lente et insuffisante face à la menace. Les alertes destinées à la population auraient été envoyées plusieurs heures après l’entrée des drones dans l’espace aérien national, alimentant les accusations de mauvaise gestion de la crise.
Sous pression, la cheffe du gouvernement avait demandé la démission du ministre de la Défense Andris Sprūds, estimant qu’il n’avait pas réussi à renforcer suffisamment rapidement les capacités anti-drones du pays. Cette décision a toutefois provoqué la rupture de la coalition au pouvoir, le parti Les Progressistes, auquel appartenait le ministre, retirant son soutien au gouvernement. Privée de majorité parlementaire, Evika Siliņa a finalement annoncé sa démission.
La crise dépasse désormais le simple cadre politique national. Elle relance le débat sur la sécurité des pays baltes face aux conséquences indirectes de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Depuis le début du conflit, plusieurs drones russes ou ukrainiens se sont déjà écrasés en Estonie, en Lettonie ou en Lituanie, renforçant les inquiétudes des États frontaliers de la Russie.
Les autorités lettones ont également appelé l’OTAN à renforcer la protection de l’espace aérien balte et à accélérer le déploiement de systèmes de défense anti-drones dans la région. Kiev, de son côté, a proposé une coopération renforcée avec Riga afin d’améliorer la surveillance et les capacités de défense aérienne.
Le président letton Edgars Rinkēvičs doit désormais engager des consultations avec les partis représentés au Parlement afin de former un nouveau gouvernement. Cette instabilité politique survient dans une période particulièrement sensible pour la Lettonie, qui a considérablement augmenté ses dépenses militaires ces dernières années face aux tensions croissantes avec la Russie.