L’Indonésie va restreindre l’accès des enfants aux réseaux sociaux à partir de 2026

L’Indonésie prévoit d’introduire, à partir de 2026, de nouvelles restrictions encadrant l’accès des enfants et des adolescents aux réseaux sociaux et aux services numériques. Cette initiative s’inscrit dans une politique nationale visant à renforcer la protection des mineurs face aux risques croissants liés à l’usage d’internet. La mesure repose sur un nouveau cadre réglementaire dédié à la sécurité des enfants dans l’environnement numérique, intégré à un décret gouvernemental portant sur la gouvernance des plateformes électroniques, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er mars 2026.

À travers cette réforme, les autorités indonésiennes souhaitent limiter l’exposition des plus jeunes aux contenus jugés dangereux ou inappropriés en ligne. Les fournisseurs de services numériques, qu’il s’agisse de réseaux sociaux, de plateformes de jeux, de services de messagerie ou de sites de commerce en ligne, seront tenus de respecter des seuils d’âge minimum pour leurs utilisateurs et d’adapter leurs services en conséquence.

Le président Prabowo Subianto a souligné que l’État a la responsabilité de garantir aux enfants un espace numérique sûr, équilibré et propice à leur développement. Selon lui, il est essentiel de protéger les mineurs des menaces présentes sur internet tout en leur permettant de tirer parti des bénéfices offerts par les technologies numériques.

De son côté, la ministre des Communications et des Affaires numériques, Meutya Hafid, a précisé que l’accès aux plateformes sera régulé en fonction du niveau de risque associé à chaque service. Les restrictions applicables aux jeunes âgés de 13 à 16 ans varieront ainsi selon la nature des plateformes, lesquelles seront classées en catégories allant de faible à haut risque. Cette classification servira de référence pour déterminer les conditions d’accès autorisées aux mineurs.

La réglementation prévoit également des règles strictes concernant la protection des données personnelles des enfants. Les plateformes numériques n’auront pas le droit de collecter, d’analyser ou d’exploiter les informations des mineurs à des fins de profilage. En cas de non-respect de ces obligations, les entreprises concernées s’exposeront à des sanctions administratives pouvant aller d’un simple avertissement à des amendes, voire à la suspension complète de leurs services sur le territoire indonésien.

Lors de l’élaboration de ce cadre juridique, le gouvernement a mené des consultations avec plusieurs organisations de la société civile, ainsi qu’avec des enfants, afin de prendre en compte leurs expériences et leurs préoccupations. Pour certains acteurs associatifs, cette approche globale distingue l’Indonésie d’autres pays, car elle ne se limite pas aux réseaux sociaux mais englobe l’ensemble de l’écosystème numérique.

Des experts estiment en effet que les risques pour les mineurs ne proviennent pas uniquement des plateformes sociales, mais aussi des moteurs de recherche non filtrés, des applications de messagerie ou encore de certains contenus publicitaires en ligne. En élargissant le champ d’application de la réglementation, les autorités espèrent mieux répondre à la diversité des menaces existantes.

Le gouvernement indonésien s’est également inspiré d’expériences étrangères, notamment de réformes récentes mises en place dans des pays comme l’Australie, où des limites d’âge ont été imposées pour l’accès à certaines plateformes, à la suite d’études mettant en évidence les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes.

Toutefois, Jakarta affirme avoir opté pour une démarche progressive, tenant compte du contexte national, des capacités techniques des plateformes locales et du rôle central des parents dans l’accompagnement des enfants. Les autorités cherchent ainsi à concilier protection des mineurs, droit à l’information et adaptation aux réalités technologiques du pays.